Cowboy et rodéo

L'équitation Américaine

 

Le rodéo, pratiqué aux Etats-Unis principalement dans l'Ouest, comporte une quantité d'épreuves, presque toutes dérivées de l'élevage du bétail. On ne peut comprendre ce que sont l'équitation américaine et ce jeu traditionnel sans un bref rappel historique.

 

L'histoire du cowboy...

C'est vers le milieu du XIXè siècle que, dans les grands espaces de ce que l'on appelait alors le Far West, les premiers pionniers ont commencé à se livrer à l'élevage extensif des bovins. A travers les immensités désertiques, dépourvues de haies ou de clôtures, il était (et est toujours) impossible de rassembler le bétail autrement qu'à cheval. Les Vaqueros mexicains du Texas et de la Californie le faisaient déjà depuis deux siècles. Les nouveaux venus n'eurent qu'à imiter ces cavaliers qui s'étaient eux memes inspirés en ce qui concerne le harnachement et la manière de monter, des coutumes et des pratiques espagnoles, fortement influencées par les techniques et traditions arabes. Le cowboy n'est pas né de rien !

Les nouveaux gardiens de troupeaux passaient la quasi-totalité de leur existence à prendre soin des vaches. Pour eux, le cheval était un indispensable auxiliaire mais auquel ils avaient peu de temps à consacrer et qu'ils voulaient vite prêt. Aussi le débourraient-ils, le soumettaient-ils rapidement, en force : ils le brisaient. Ce qui ne pouvait faire de lui une monture idéale...

Lorsque des cowboys se retrouvaient dans les petites villes de l'Ouest, ils se défiaient souvent, soucieux et fiers qu'ils étaient de montrer leur maitrise de l'équitation et de la capture du bétail. Ils rivalisaient alors d'habileté et de dextérité dans des prises de veaux au lasso, des courses de vitesse ou de maniabilité, des colear mexicains, qui consistent à retourner un veau en l'attrapant par la queue, ou encore dans des débourrages de chevaux sauvages.

Bien évidemment, les spectateurs ne manquaient pas pour observer les exploits des cavaliers, ce que remarquèrent quelques fins commerçants. Ces malins eurent vite fait de mettre sur pied des épreuves, proches des défis que se lançaient les cowboys en promettant des prix aux vainqueurs et en faisant payer les spectateurs.

Ces manifestations connurent immédiatement un succès aussi grand que durable puisqu'à la fin du XXè siècle le rodéo (du mot mexicain signifiant rassemblement) est devenu le premier sport aux Etats-Unis pour ce qui est du nombre de spectateurs.

....Et de sa monture

Sans un cheval bien "mis", calme, docile et disponible, il est quasi impossible de participer avec succès à la plupart des épreuves de maniabilité d'un rodéo. Aussi les cowboys fanatiques ou professionnels car il y en a, de ces manifestations commencèrent-ils au lieu de débourrer leurs chevaux en force, à les éduquer avec douceur et patience, dans le but d'en faire des montures performantes. Leur cheval devait devenir un véritable partenaire, puisque, dans bien des situations, c'est à lui de prendre seul la bonne décision. Ils se mirent ainsi à pratiquer une équitation de plus en plus fine, faite de douceur et de fermeté.

Voilà comment, au fil du temps et en partie grâce au rodéo, l'équitation américaine est devenue l'art équestre tel qu'il est pratiqué aujourd'hui.

Chevaux et taureaux

Certaines épreuves de rodéo sont risquées et dangereuses. Le Bull-riding consiste à chevaucher un taureau de race brahma, gigantesque, au garrot proéminent, aux longues cornes et à la vivacité légendaire. Le cavalier doit se maintenir huit secondes sur son dos, en se tenant d'une seule main à une corde non nouée, entourant sa poitrine, à laquelle pend une cloche. Cela ne peut se terminer que par une chute, même pour ceux qui ont tenu plus longtemps que la limite réglementaire. Autre exercice de lutte, mais avec un cheval, le bronco-riding, dont il existe deux catégories : le bare-back-riding où le cavalier monte à cru en se tenant d'une seule main à une sorte de surfaix et le saddle-bronco-riding où il utilise une selle sans corne au pommeau et contrôle le cheval (ou essaie de le faire) au moyen d'un licol et de sa longe. En bare-back-riding, le cavalier doit demeurer huit secondes sur le dos du cheval et en saddle-bronco-riding dix secondes. Sitôt sortis de la boite où les cavaliers les enfourchent, les chevaux bondissent, se contorsionnent, ruent vigoureusement. Est ce parce qu'ils sont sauvages ? non plus aujourd'hui : simplement on a fortement serré la sangle qui passe sous le ventre. Est ce de la méchanceté ? nullement, et ces animaux parfaitement soignés pour leur aptitude à désarçonner les cavaliers gagnent leur picotin annuel en quelques minutes. Dangereux aussi, le Bull-dogging. Il consiste pour deux cavaliers à poursuivre un veau et à l'encadrer afin que l'un d'eux puisse sauter sur l'animal en lui empoignant les cornes pour le coucher à terre. Il s'agit là d'un véritable numéro de voltige, dont le succès dépend en grande partie du cheval du dos duquel le cavalier "plonge" et de la capacité pour l'homme et pour la monture à former équipe. Car à partir du moment où ils arrivent à la hauteur du veau, le cheval n'est plus guidé ni de la main ni des jambes et de plus, il est fortement déséquilibré. Cette épreuve se dispute au chronomètre, l'équipe gagnante étant celle qui a réussi à mettre le veau à terre dans le temps le plus bref.

rester sur le dos d'un bronco ( terme mexicain qui désigne un cheval sauvage qui essaie de se débarrasser de la sangle qui lui serre l'arrière du ventre est presque aussi difficile que de chevaucher un taureau sauvage).   

l'équitation western : la grande particularité de cette équitation est de ne pas contraindre le cheval mais de rechercher sa coopération. Le cavalier formule des demandes en laissant l'animal apprécier la meilleure façon d'y répondre. On pourrait penser qu'il y a là un certain laxisme. Il n'en est rien car le cheval mis à l'équitation américaine sait que s'il ne répond pas à une demande, il sera repris vigoureusement ! et il préfère la caresse du velours à la fermeté dela main de fer... le bridon et l'embouchure employées en équitation western sont presque symboliques de la liberté surveillée dans laquelle se trouve le cheval. Le bridon ne comporte pas de muserolle comme il en existe en équitation classique ce qui permet à l'animal d'ouvrir la bouche à volonté. Mais le mors à balancier qu'il a très souvent dans la bouche rappelle que s'il est toujours monté rênes lâches mais pas "en guirlande" une désobéissance aura des conséquences fort désagréables.

Lors du team-roping, deux cavaliers immobilisent un taureau : l'un saute à terre et l'attrape par les cornes, l'autre prend les deux postérieurs au lasso. Le calf-roping est également un travail d'équipe. deux cavaliers poursuivent un veau, l'un l'attrape au lasso par les cornes, l'autre par les postérieurs. Sitôt que les cordes sont tendues et le veau immobilisé, le chronomètre s'arrête. Mais le calf-roping se dispute aussi entre des cavaliers seuls : une fois le veau attrapé par les cornes, le cavalier saute à terre, couche l'animal et lui ficelle les quatres pieds avec un noeud bien particulier, au moyen de la cordelette qu'il tient entre les dents.Pendant ce temps, c'est sa monture qui tend le lasso fixé au pommeau de la selle et maintient le veau. Pour être certain de l'efficacité du noeud, on attend six secondes après qu'il ait été serré avant d'arrêter le chronomètre. Si au cours de ces six secondes le noeud se défait et que le veau se libère, le concurrent est éliminé. La capture du bétail est l'essence de l'équitation américaine : amener un boeuf de son troupeau jusqu'à un point précis par exemple ou encore séparer un veau de sa mère pour le marquer.

Epreuves de virtuosité... 

Les épreuves uniquement équestres sans combat avec un veau ou un taureau sont également pratiquées par des cavalières. Dans le pole-bending, course slalom qui se court entre de hauts piquets, le cheval doit sans cesse "changer de pied" au galop. Le barrel-racing est une autre course de vitesse spectaculaire autour de trois tonneaux disposés en triangle. Elle avait pour but de prouver l'agilité et la vitesse des chevaux de bétail, aujourd'hui c'est devenu une épreuve à part entière. Certains cavaliers réussissent à tourner tellement court qu'ils touchent presque le sol avec leur étrier à l'intérieur du tournant ! Dans la romanrace (course romaine) les cavaliers presque toujours des hommes, montent deux chevaux, debout, un pied sur la croupe de chacun d'eux. 

Le reining aux championnats du monde : c'est à Jerez de la Frontera, en septembre 2002 que le reining a fait entrer pour la première fois l'équitation américaine dans le cercle fermé des épreuves de championnats du monde. Inspirée du travail quotidien du cheval dans les ranches, cette discipline voit notamment les couples évoluer en musique, selon des figures "western" imposées mais dont l'enchainement est libre comme la reprise "kür" en dressage... L'attrait indiscutable de la présentation vient de la décontraction apparente du cheval et du cavalier, les mouvements les plus soudains devant s'effectuer en souplesse, sans défense du cheval ni déséquilibre du cavalier, qui tient toujours les rênes d'une seule main !

source : Larousse du cheval et du poney

Le rodéo : sport n° 1 aux USA, le rodéo puise ses racines dans le travail quotidien des cow boys. Après longues et épuisantes journées de travail au ranch, les cow boys, l'alcool aidant, se mettaient à s'amuser entre eux et à parier sur celui qui maitriserait le plus vite un veau ou celui qui chevaucherait le plus longtemps un cheval sauvage. Petit à petit, des compétitions amicales sont nées de ces taches quotidiennes et graduellement le rodéo est devenu un sport national. Des chevaux et des taureaux ont été élevés exclusivement pour le rodéo, les stock contractor étaient nés. Les cow boys des différents ranch du pays se formèrent en associations, de plus en plus d'argent était mis en jeu et le rodéo est devenu un métier, un sport et plus encore un véritable art de vivre.

Le Barrel Race : le barrel race par Adamo Walti est une épreuve de vitesse chronomètrée très appréciée aux Etats Unis. Il s'agit d'effectuer une course en trèfle autour de 3 tonneaux disposés en triangle. Cette épreuve de maniabilité met en valeur la rapidité, l'agilité et l'équilibre du cheval. Cette épreuve fait partie des épreuves de rodéo.

Le Roping (capture de veau au lasso) : Epreuve d'agilité, le roping réuni les cow boys les plus habiles et les plus doués du lasso. Ils doivent en un minimum de secondes attraper un veau au galop et le terrasser à terre (calf roping) ou bien, en équipe (team roping) le maitriser en attrapant la tête et les pattes arrières, toujours en un temps minimum.

Le Bull riding (monte de taureaux sauvages) : C'est l'épreuve reine du rodéo et pour certain la plus spectaculaire. Pendant huit secondes le cow boy se mesure à un animal d'une tonne bondissant et souvent menaçant. Dans cette épreuve, le cow boy doit effectuer ses huit secondes interminables, sa seule main entourée au bull rope (corde tressée). Sa main libre ne doit pas toucher l'animal et le cow boy doit s'en servir comme un balancier pour suivre les ruades du taureau. Il peut éperonner l'animal pour éventuellement marquer plus de points. Dans cette épreuve, la présence d'un bull fighter est obligatoire. Souvent déguisé en clown, cet homme a pour mission de détourner l'attention du taureau une fois le cow boy à terre afin qu'il puisse se dégager en toute sécurité. 

Le Bareback Bronc riding (monte à cru de cheval) : C'est l'épreuve la plus physique et celle où le cow boy est le plus lourdement sollicité car peu à son avantage avec une position couchée, il doit malgré tout éperonner l'encolure du bronco pour marquer les points. Sa main libre ne doit en aucune circonstance toucher le cheval ou son équipement. Deux juges accorderont des points dont la moitié pour le style et la maitrise du cow boy et l'autre moitié pour le style et la performance du cheval. Le cow boy qui sera en accord parfait avec sa monture obtiendra le meilleur score. Dans cette épreuve, la présence de pick up men est obligatoire car c'est eux qui vont aider le cow boy à descendre de l'animal en furie.

Le Saddle Bronc riding (monte de cheval sellé) : Très technique, cette monte demande une agilité et un sens de l'équilibre hors du commun. Calé dans sa selle, une main serrant une rêne de crin reliée à un simple licol, le cow boy doit s'accorder avec les ruades du cheval tout en éperonnant celui-ci, sa main libre ne devant en aucun cas toucher l'animal. Même principe que la monte à cru, le cow boy et le cheval sont notés sur leurs performances respectives. Les huit secondes achevées, les pick up men viennent dégager le cow boy.

Source : Chantilly western show

Dernière mise à jour de cette page le 20/08/2008
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